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La santé mentale des jeunes : Est si on en parlait autour d’une table ronde ?

La santé mentale et si on en parlait autour d'une table ronde le juin

Si l’anxiété est souvent en tête des préoccupations quand on parle de santé mentale des jeunes, elle n’est que la partie visible d’un problème bien plus vaste. Dépression, troubles de l’humeur, conduites addictives, troubles du comportement alimentaire ou encore schizophrénie, la santé mentale est un sujet aussi vaste que complexe.

En Europe, les jeunes sont de plus en plus nombreux à être confrontés à des troubles psychiques complexes, avec des conséquences parfois graves sur leur parcours de vie. Un phénomène qui appelle à une prise de conscience collective et à la libération de la parole.

 

Des troubles psychiques en expansion

 

Selon les données de l’OMS, près d’un jeune sur cinq présente un trouble psychique diagnostiqué. Réduire la santé mentale des jeunes à seulement l’anxiété serait passer à côté d’une réalité bien plus complexe. Si les troubles anxieux sont parmi les plus fréquents, ils ne constituent que la partie émergée d’un ensemble de troubles psychiques variés qui touchent les adolescents et jeunes adultes.

La dépression reste l’un des troubles les plus répandus, avec des symptômes parfois difficilement identifiables chez les jeunes (irritabilité, perte d’intérêt, repli sur soi). Les troubles du comportement alimentaire (TCA), comme l’anorexie, la boulimie ou l’hyperphagie, sont en forte progression, en particulier chez les filles, et se développent souvent en lien avec une mauvaise image de soi et une pression sociale accrue.

Autre catégorie souvent négligée : les troubles du neurodéveloppement, tels que le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) ou les troubles du spectre de l’autisme (TSA), qui peuvent perturber fortement la scolarité, la vie sociale et familiale. Dans des cas plus rares mais graves, certains jeunes développent des troubles psychotiques précoces, comme la schizophrénie, qui nécessitent une détection et une prise en charge très rapides.

 

Vers une surmédicalisation ?

 

Face à ces nouveaux diagnostics, les prescriptions médicamenteuses ont fortement augmenté. Antidépresseurs, anxiolytiques, neuroleptiques ou encore psychostimulants sont désormais régulièrement utilisés dès l’adolescence. Cette tendance soulève de vives inquiétudes quant à une possible surmédicalisation de la souffrance psychique.

Le Haut Conseil de la Famille, de l’Enfance et de l’Âge (HCFEA) alerte : cette situation découle en grande partie d’un manque d’alternatives non médicamenteuses, de délais d’attente trop longs pour accéder à des soins spécialisés, et d’une formation insuffisante des médecins prescripteurs, souvent généralistes, aux problématiques spécifiques de la santé mentale des jeunes. Dans ce contexte, les médicaments deviennent parfois un réflexe par défaut, là où une approche globale et pluridisciplinaire serait nécessaire. Cette médicalisation à outrance, bien que parfois justifiée, risque à terme de masquer les causes profondes du mal-être et de banaliser l’usage de traitements lourds chez des publics vulnérables.

La santé mentale des jeunes en Europe traverse une période critique. Loin de se résumer à l’anxiété, elle englobe une diversité de troubles dont la fréquence et la complexité ne cessent d’augmenter. Ce constat impose un changement de regard. Il est urgent de cesser de considérer la souffrance psychique des jeunes comme un phénomène marginal ou temporaire.

 

Marie Pataux

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