Un oeil sur l'UE

Shein et Temu dans le viseur de l’UE

Shein et Temu dans le viseur de l’UE

Le 5 février 2025, la Commission européenne a ouvert une enquête visant Shein, après avoir ciblé Temu en octobre 2024. Partout dans l’UE, Bruxelles s’inquiète : produits dangereux, travail forcé présumé, impact environnemental. L’ultra-fast fashion chinoise est plus que jamais sous surveillance.

Un t-shirt à 3 euros, une robe à 7. Sur Shein, tout semble trop beau pour être vrai. La Commission européenne est du même avis.

 

Une avalanche de colis sous surveillance

 

Le volume donne le vertige : 4,6 milliards de colis venus de plateformes comme Shein et Temu ont traversé les frontières européennes en 2024, soit près de 12 millions par jour, dont 91 % venant de Chine. Le 5 février 2025, Bruxelles a donc lancé une enquête formelle contre Shein. Les ventes explosent (+58 % pour Shein, +178 % pour Temu), tandis que 96 % des produits ne respecteraient pas les normes européennes. Les sanctions pourraient atteindre 6 % du chiffre d’affaires mondial.

 

Des accusations qui s’accumulent

 

Les accusations s’accumulent : substances toxiques, travail forcé présumé des Ouïghours, design addictif, fraude à la TVA. En réponse, l’UE veut supprimer l’exonération douanière pour les colis de moins de 150 € et discute d’une taxe de 2 € par envoi. En France, la loi anti-fast fashion adoptée en mars 2024 a finalement été mise en pause au Sénat. Christophe Castaner, désormais conseiller de Shein, résume son opposition : « C’est vraiment un réflexe de fainéant de considérer que, quand il y a un problème, il faut faire une taxe. »

 

Quand éthique rime avec élitisme

 

Les jeunes, cœur de cible : 45 millions d’utilisateurs européens chaque mois. Ils savent que la mode éthique est essentielle… mais coûte dix fois plus cher. Un top à 7 € chez Shein vaut 26 € chez H&M. Sanctionner les plateformes ne résout pas la question de fond : l’accessibilité. Comme le rappelle Yann Rivoallan : « Je ne peux pas croire qu’il pense réellement que Shein permet aux classes populaires de s’habiller à moindre frais. »

Les enquêtes s’empilent, les taxes menacent. Mais tant que s’habiller éthiquement coûtera un mois de courses, Shein n’a pas fini de livrer.

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