L’Union européenne a fait de l’emploi des jeunes l’une de ses priorités, mais les disparités restent fortes entre États membres. En octobre 2025, le chômage des moins de 25 ans dans l’UE avoisine encore 15%, un niveau supérieur à la moyenne générale, avec des pics dans le sud de l’Europe. Cette situation nourrit un sentiment de précarité chez de nombreux jeunes, en particulier ceux peu qualifiés ou habitant des régions déjà fragilisées.
Une compétence avant tout nationale
L’UE ne décide pas directement des embauches ni des systèmes d’indemnisation chômage, qui relèvent des États membres. En revanche, elle fixe des grandes orientations, coordonne les politiques et mobilise d’importants financements pour soutenir les réformes et les programmes nationaux en faveur des jeunes. Par le Semestre européen (système de coordination des politiques économiques et budgétaires des États membres) et les recommandations par pays, elle encourage par exemple le développement de l’apprentissage, la modernisation des services publics de l’emploi ou la lutte contre le décrochage scolaire.
La Garantie pour la jeunesse
Lancée en 2013 après la crise financière, la Garantie pour la jeunesse est une initiative de l’UE contre le chômage des jeunes. Elle oblige les États à proposer à tout jeune de moins de 30 ans une offre de qualité (emploi, apprentissage, stage ou formation) dans les quatre mois suivant la fin de ses études ou la perte d’un emploi. Cette garantie a été renforcée en 2020 pour mieux cibler les NEET (jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation), avec davantage de moyens pour l’accompagnement individualisé, l’orientation et le suivi.
Financement via l’Initiative pour l’emploi des jeunes et le FSE+
Pour rendre la Garantie pour la jeunesse réellement opérationnelle, l’UE a débloqué des fonds spécifiques. L’Initiative pour l’emploi des jeunes (IEJ), créée en 2013, concentrait ses moyens sur les régions où le chômage des jeunes dépassait 25%, en finançant des aides à l’embauche, des stages, des formations et des dispositifs d’accompagnement.
Depuis 2021, ces crédits sont intégrés au Fonds social européen Plus (FSE+), qui impose aux États fortement touchés par le chômage des jeunes de consacrer au moins 12,5% de leurs enveloppes à des mesures ciblées en faveur des moins de 30 ans.
Apprentissages, compétences vertes et numériques
Au-delà de l’insertion immédiate, l’UE cherche à adapter les compétences des jeunes aux mutations du marché du travail.
L’Alliance européenne pour l’apprentissage (EAfA) encourage les entreprises et les États membres à développer des apprentissages de qualité, bien encadrés et rémunérés, en particulier dans les secteurs d’avenir comme le numérique ou les métiers de la transition écologique. Des recommandations européennes insistent sur la nécessité de limiter les « faux stages » et d’éviter que les jeunes ne soient limités à des emplois précaires ou sous-payés.
Erasmus+
L’emploi des jeunes passe aussi par la mobilité et l’ouverture internationale. Le programme Erasmus+, doté de plus de 28 milliards d’euros pour 2021‑2027, ne finance pas uniquement des séjours d’études, mais aussi des stages, des formations professionnelles et des échanges de jeunes. Ces expériences facilitent le développement de compétences transversales (langues, autonomie, travail en équipe) souvent valorisées par les employeurs, et permettent de franchir plus facilement les frontières pour saisir des opportunités d’emploi dans un autre État membre.
Le Corps européen de solidarité
Pour les jeunes en quête d’une première expérience valorisante, le Corps européen de solidarité offre des missions de volontariat, des stages et parfois des emplois dans des projets d’intérêt général, partout en Europe. Ces engagements dans le social, l’environnement, la culture ou l’aide aux populations vulnérables constituent un tremplin vers l’emploi. Il renforce à la fois les compétences et le réseau professionnel des jeunes participants. Cela permet aussi de donner du sens au début de parcours, à un moment où beaucoup de jeunes se sentent laissés de côté.
Des résultats réels mais contrastés
Depuis le lancement de la Garantie pour la jeunesse et des autres initiatives, plusieurs dizaines de millions de jeunes ont bénéficié d’un accompagnement ou d’une offre de formation ou d’emploi soutenue par l’UE. Les taux de chômage des jeunes ont globalement reculé par rapport aux pics de 2013. La baisse reste quand même inégale selon les pays. La pandémie du Covid 19 ainsi que les crises successives ont freiné les progrès. Les évaluations soulignent que les dispositifs fonctionnent mieux lorsqu’ils s’inscrivent dans des réformes nationales (éducation, orientation, services publics de l’emploi) et lorsqu’ils ciblent les jeunes les plus éloignés du marché du travail.
Les défis qui restent à relever
Malgré ces avancées, plusieurs défis persistent. On peut prendre par exemple la qualité souvent insuffisante de certains stages, l’accès plus difficile pour les jeunes issus de milieux défavorisés ou encore la coordination parfois complexe entre niveaux européen, national et régional. Les institutions européennes insistent désormais sur la nécessité de mettre l’accent sur la « qualité de l’emploi » plutôt que sur le seul nombre d’offres.
