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Qu’en est-il de la réforme audiovisuelle ?

Le 5 août dernier, deux décrets concernant le régime de la publicité télévisée et la diffusion d’œuvres cinématographiques à la télévision ont été publiés en vue de réformer le paysage audiovisuel français  

Pourquoi ? Dans le but de progressivement s’adapter à la réglementation européenne, mais également de faire face aux récentes et nombreuses offres des plateformes de streaming en ligne comme Netflix, MyCanal ou encore plus récemment, Salto.  

Vers un assouplissement du régime de publicité télévisée

Le décret autorisera la publicité ciblée de manière encadrée. Les chaines de télévision pourront alors diffuser des spots publicitaires adaptés aux téléspectateurs en fonction de leur position géographique. Cette nouveauté permettra aux annonceurs d’avoir un meilleur impact sur leurs futurs consommateurs potentiels. Au-delà de la position géographique des téléspectateurs, les chaines pourront également avoir accès à quelques critères socio-démographiques. Dans un même immeuble, les différents foyers n’auront pas forcément la même publicité.  

Concernant le consentement des téléspectateurs vis-à-vis de leurs données personnelles, les opérateurs devront demander à chaque client leur autorisation. De nouvelles réglementations concernant la durée des coupures publicitaires entre les programmes vont également entrer en vigueur. Ces mesures ont été prises en raison de la concurrence, toujours en constante augmentation des sites de streaming (Netflix, Salto…) où l’on peut regarder un film, et cela, sans être interrompu par plusieurs coupures pubs. La durée des écrans publicitaires ne devra donc pas dépasser : 

  • Deux minutes par heure pour les chaînes émettant sur une zone géographique où la population est supérieure à dix millions d’habitants  
  • Quatre minutes par heure pour les chaînes qui émettent sur les territoires où la population est inférieure à dix millions d’habitants. 

L’offre d’œuvres cinématographiques augmentée

Cette nouvelle mesure va permettre aux téléspectateurs d’avoir un meilleur accès au patrimoine cinématographique. Avec le régime antérieur, les chaînes de télévision généraliste ne pouvaient diffuser que 192 œuvres cinématographiques par an tandis qu’avec ce nouveau décret, elles pourront en diffuser 244 films de cinéma au total. 

De plus, les chaines généralistes qui ne pouvaient pas diffuser ces oeuvres le mercredi soir, le vendredi soir, le samedi et le dimanche avant 20h30, ne supporteront à présent cette interdiction que le samedi à partir de 20h30. 

Suite à ces mesures, le gouvernement présentera d’ici une quinzaine de mois, un rapport mettant en lumière les effets de ces nouvelles mesures.  

Mais qu’en est-il concernant ce sujet chez nos voisins ?  

En Allemagne, l’ARD (abréviation d’Arbeitsgemeinschaft der öffentlich-rechtlichen Rundfunkanstalten der Bundesrepublik Deutschland (En français : « Communauté de travail des établissements de radiodiffusion de droit public de la République fédérale d’Allemagne»)) propose une offre très riche grâce à un financement important dû à la redevance et à la publicité. Les programmes des différentes chaînes sont produits par des Landers (régions d’Allemagne). L’ARD offre donc une couverture médiatique indétrônable en comparaison des chaînes privées.  

En Italie, la RAI – Radiotelevisione italiana S.p.A est le principal groupe audiovisuel public. Ce secteur est en pleine crise. Alors que la situation sanitaire actuelle augmente les audiences de ses concurrents, les services publics audiovisuels italiens n’arrivent pas à surmonter cette crise. Les dirigeants de ce groupe n’ayant pas réussi à sortir la chaine de cette situation, ils ne seront donc pas reconduits dans leurs fonctions.  

Camille B

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