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Pays-Bas : Des émeutes qui posent question

Depuis l’instauration d’un couvre-feu entre 21h et 4h30 au Pays-Bas samedi dernier, plusieurs nuits d’émeutes et de violences ont eu lieu dans les grandes villes du pays. Une situation qui choque et qui interroge chez nos voisins hollandais.  

Des altercations violentes et inédites 

Le 23 janvier, le gouvernement hollandais instaure un couvre-feu. S’en est suivi trois nuits de violences entre policiers et manifestants déterminés à se faire entendre. Amsterdam, La Haye et Rotterdam étaient le théâtre de pillages et de plusieurs actes de vandalisme en plus des violences envers la police hollandaise. Plus de 400 arrestations et dix policiers blessés recensés en trois nuits. La violence de ces affrontements choque l’opinion : des policiers ont été agressés au couteau à Eindhoven tandis que des manifestants incendiaient des voitures dans plusieurs villes. “Tout cela n’a rien à voir avec une lutte pour la liberté. Nous devons gagner le combat contre le virus, sinon nous ne retrouverons pas notre liberté” déclare le premier ministre néerlandais Mark Rutte qui estime que ce sont les pires violences au sein du pays depuis plus de quarante ans. 

Un contexte particulier  

Peu habitués à des mesures anti libertés, les néerlandais ont du mal à accepter des restrictions qui n’auront jamais été aussi importantes depuis le début de la pandémie. Un constat qui reste à nuancer selon le premier ministre libéral Mark Rutte qui estime que les manifestants anti restrictions ne représentent pas un pays très majoritairement favorable à ces restrictions. Considérés comme parmi les pays les plus laxistes concernant les mesures sanitaires, les Pays-Bas voient leur jeunesse frustrée sortir dans la rue et rejoindre les militants opposés au gouvernement. Ces émeutes interviennent quelques semaines avant les élections législatives néerlandaises qui auront lieu le 17 mars prochain. Une élection où le député nationaliste Geert Wilders aura son mot à dire. Dans ce contexte explosif, ce dernier déclare que l’intervention de l’armée est nécessaire pour “mater” des émeutiers voulant “détruire le pays”. Une proposition rejetée par le premier ministre qui considère qu’une telle mesure n’est pas à l’ordre du jour. Malgré un certain calme depuis mardi, le gouvernement craint de nouveaux débordements alors que des appels à manifester les 30 et 31 janvier se multiplient sur les réseaux sociaux. 

Une situation similaire dans d’autres pays 

Un an après l’arrivée de la pandémie en Europe, la lassitude envers les mesures restrictives se fait de plus en plus ressentir, en témoigne les nombreuses manifestations partout en Europe. C’est le cas au Danemark où des manifestants anti-restrictions ont incendié un mannequin représentant la première ministre danoise. En Espagne, pays parmi les plus touchés, les manifestations se multiplient dans un contexte moins violent tandis qu’au Liban, des jeunes manifestants ont exprimé leur mécontentement vis-à-vis du confinement en place. Plusieurs altercations ont eu lieu à Tripoli avec une cinquantaine de blessés recensés. Même son de cloche en Israël où des violences entre policiers et manifestants ultraorthodoxes ont éclaté à Tel-Aviv à la suite de l’annonce d’un troisième confinement. Le gouvernement français craint une situation similaire en France en cas d’annonce d’un nouveau confinement qui pourrait provoquer des violences entre manifestants et policiers sur tout le territoire. 

Etienne Delattre 

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