Un oeil sur l'UE

Accueil » Brexit : l’avenir de la pêche au point mort

Brexit : l’avenir de la pêche au point mort

Le Premier ministre Britannique Boris Johnson et la présidente de la Commission Européenne Ursula Von Der Leyen se sont entretenus ce mercredi 9 décembre afin d’évoquer les points de désaccords concernant le Brexit. L’occasion d’aborder le sujet de la pêche qui divise Européens et Britanniques. Les eaux britanniques, représentent entre 30 % et 50 % de l’activité des pêcheurs français. Si aucun accord n’est trouvé au 1er janvier 2021, les pêcheurs français connaîtront d’importantes difficultés économiques.  

Depuis le 2 mars dernier, la pêche figure comme un des principaux points controversés des deux côtés de la Manche. Les négociations n’ont cessé de s’établir entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, sans que les deux parties parviennent à trouver un terrain d’entente.  

En 1983, la politique commune de la pêche (PCP) a été instaurée. Le Royaume-Uni continue d’appliquer les règles de la PCP, jusqu’à la fin de la période de transition. Elle garantit la durabilité de la pêche sur le plan environnemental, économique et social. Elle a pour but de dynamiser le secteur de la pêche et d’assurer un niveau de vie équitable aux pécheurs des deux côtés de la Manche. 

Dès le 31 décembre 2020, le Royaume-Uni veut reprendre le contrôle de sa zone économique exclusive (ZEE). D’après le droit de la mer, la ZEE est un espace maritime qui s’étend jusqu’à 200 mille marins de ses côtes. La ZEE britannique étant parmi les plus riches en poisson dans le monde.  

Les Européens pêchent chaque année l’équivalent de 760 00 tonnes, soit 636 millions d’euros de marchandises. Selon les Britanniques, les quotas de pêche sont déséquilibrés, car le Royaume-Uni ne pêcherait que 15% du poisson dans les eaux voisines. Quant à la France, elle réalise 30 % à 50 % de son activité de pêche dans les eaux du Royaume-Uni. Pour les chalutiers de Lorient et de Boulogne-sur-Mer cela représente 90 % de leurs prises.

De nombreuses discussions et négociations ont lieu pour essayer de sortir de cette impasse. Mais entre Londres et Bruxelles, les négociations sont au point mort. 

Durant cette dernière ligne droite, avant la sortie définitive du Royaume-Uni, plusieurs options sont en négociation. La première serait de réduire les quotas de pêche européenne de 20% à 40%. La deuxième option, serait de mettre en place des redevances : 15 % à 18 % du montant de la pêche européenne devra être reversé au Royaume-Uni.  

Même si cela représente seulement 0,1 % de leur économie, les Britanniques restent inflexibles sur ce sujet. La pêche est devenue un symbole de la souveraineté britannique prônée par les partisans du Brexit. La majorité des 12 000 pêcheurs britanniques ont voté pour la sortie du Royaume-Uni de l’UE. Selon un rapport de l’Assemblée nationale, 76% des poissons issus des eaux britanniques sont destinés au marché européen. La France est le premier bénéficiaire. 

En cas de « no deal », les pêcheurs de l’UE ne seront plus autorisés à entrer dans les eaux britanniques. Selon la Commission européenne, la pêche représente près d’un emploi sur deux dans certaines zones côtières. À trois semaines de la fin des négociations, un “no deal” serait une catastrophe pour les pêcheurs français et européens.   

       Maëlys Veillard 

1 réflexion sur “Brexit : l’avenir de la pêche au point mort”

  1. Ping : Brexit 2021 : Quels changements après l’accord final ? – Un Œil sur l'ue

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut